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Élections législatives : Les enseignements du scrutin

Par Essor - Date: 04/05/2020

Cour constitutionnelle 943375540

 

À l’issue des joutes électorales, l’Assemblée nationale sera renouvelée à près de 80%. Si les partis du trio de tête se maintiennent sur le podium, on assiste à un léger changement dans l’ordre d’arrivée. La percée remarquable des femmes est aussi un fait majeur.

Jeudi dernier, la Cour constitutionnelle a rendu son arrêt sur les élections législatives. Les urnes ont, en partie, confirmé certaines prévisions. D’abord, le recul du parti au pouvoir qui garde cependant son statut de première force politique à l’Assemblée nationale. Sur les deux tours de ces législatives, le Rassemblement pour le Mali (RPM) arrive en tête avec 51 députés sur les 147 qui composent la 6è législature, contre 77 sous la précédente. Il n’a pas la majorité absolue mais peut compter sur des alliés, dont l’Adema-PASJ qui grimpe d’un point dans le classement, en s’adjugeant 24 sièges. Une nette progression pour les « Abeilles » par rapport à leur score de 2013 : 14 élus. Comme pour s’entraider, ces deux partis avaient noué des alliances un peu partout. On les retrouve ensemble dans 14 des 43 circonscriptions électorales concernées par ce second tour des législatives. L’URD, le parti du chef de file de l’opposition, a lui aussi surfé sur les jeux d’alliances pour se maintenir sur le podium avec 19 élus, soit un seul député de plus qu’en 2013. Il a, en effet, composé avec les deux premiers dans 3 circonscriptions et, seulement, avec le RPM dans 8 autres.

Les trois premières forces à l’Assemblée nationale restent donc le RPM, l’Adema-PASJ et l’URD. Après ce trio de tête, le reste des sièges est partagé entre une vingtaine de formations.
Le Mouvement pour le Mali (MPM) se démarque avec ses 10 élus, se classant ainsi comme quatrième force. Par contre, l’ADP-Maliba sort de ces joutes électorales avec seulement 6 députés, alors que le parti s’était illustré lors de la dernière présidentielle et disposait d’une dizaine de députés. Même sort pour l’ASMA-CFP, le parti de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, qui avait réussi à créer son propre groupe parlementaire avec des députés transfuges.
Ensuite, on note un renouvellement de la représentation nationale à près de 80%. Seulement 35 députés de la dernière législature, ont réussi à se faire réélire. Ainsi, 112 nouveaux visages apparaissent dans l’Hémicycle. On note aussi l’élection à Gao d’Assarid Ag Imbarcaoune, un habitué des allées de l’Assemblée nationale, qui signe son come-back.

 

Autre constat, c’est la percée inédite des femmes qui seront au moins 36 à siéger au nouveau Parlement, dont une élue de l’ADP-Maliba à Ségou qui n’a que 26 ans. Une nette progression par rapport à la 5è législature qui ne comptait que 14 députées. Les femmes devront cette percée en grande partie à l’application de la loi sur le genre, initiée par le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le chef de l’État peut désormais se réjouir d’avoir fait gagner à notre pays quelques places en la matière dans les classements internationaux. Mais force est de constater que le quota des 30% n’est toujours pas atteint.

Par ailleurs, ces élections législatives confirment encore l’existence de pratiques politiques peu orthodoxes dans notre pays. Soixante-dix neuf requêtes ont été introduites auprès de la Cour, demandant l’annulation des opérations de vote pour bourrage d’urnes, achat de consciences, utilisation de bulletins prévôtés, remplacement illégal des agents électoraux… Quelques unes ont prospéré, bouleversant les résultats provisoires dans certaines localités. C’est ainsi que le RPM a gagné dix sièges, dont quatre à Bamako, deux à Kati et quatre autres à Sikasso. Par contre, à Bougouni, on note un renversement en faveur de la liste conduite par la CDS-Mogotiguiya-Adema-Pasj-CODEM. Ce verdict de la Cour a occasionné des mouvements d’humeur en Commune I du District de Bamako, à Kati et Sikasso. Un bémol qui se double d’une très forte abstention à ces élections législatives. Le taux de participation est de 35,25%. On pourrait ajouter que le fort taux d’abstention aux législatives est comme une tradition dans notre démocratie. Même si l’on ne peut s’en réjouir.

 

Les nouveaux députés prendront fonction dans les jours à venir. La dispersion des voix laisse présager des tractations pour la formation des groupes parlementaires. L’enjeu de ces tractations, c’est aussi le Perchoir pour lequel des prétendants sont cités pour succéder à Issaka Sidibé, qui a réussi à se faire réélire.

Source : Essor

Bilan des opérations de Barkhane et des FAMa : plusieurs terroristes neutralisés et des motos saisies dans le Gourma malien

 

  

Bilan des opérations de Barkhane et des FAMa : plusieurs terroristes neutralisés et des motos saisies dans le Gourma malien

 

 

Communiqué de presse de Barkhane

La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma et concentre son action dans la lutte contre les groupes armés terroristes, en particulier contre l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS) dans la région dite « des trois frontières ».

Cette semaine, la force Barkhane a été engagée dans une opération de harcèlement de l’EIGS dans le Gourma malien, en partenariat avec les forces armées maliennes (FAMa). Au cours de cette mission, plusieurs terroristes ont été neutralisés par l’unité légère de reconnaissance et d’intervention (ULRI) malienne et la force Barkhane. Du matériel militaire a également été saisi. D’une manière plus générale, le partenariat de combat à l’œuvre avec les forces armées nationales ainsi que la force conjointe du G5 Sahel se poursuit en bande sahélo-saharienne, sur un rythme soutenu.

Ainsi, le dimanche 19 avril, alors que le détachement débutait conjointement sa progression vers la zone d’objectif, un soldat malien a détecté plusieurs hommes armés en moto dans un oued. Les militaires maliens et le détachement de liaison et d’appui (DLA) de la force Barkhane ont mis hors de combat plusieurs terroristes. Les FAMa ont ensuite récupéré leurs armes et leurs munitions, deux motos ainsi que tout leur matériel militaire.

Par cette action d’opportunité alliant mobilité et agilité, les soldats maliens de l’ULRI ont ainsi démontré la pertinence de cette unité équipée de motos et de l’efficacité de ses modes d’action face à un ennemi souvent dissimulé. Ils ont également su restituer au combat des savoir-faire acquis très récemment. Détection, intervention, neutralisation : tous ces modes d’actions et procédures avaient en effet été travaillés pendant les trois semaines de formation de l’ULRI, assurée ces dernières semaines par la force Barkhane.

Quelques jours plus tard, soldats français et maliens ont découvert plusieurs caches d’un groupe armé terroriste dans une forêt à proximité. À l’approche de la force, plusieurs terroristes ont fui à pied, abandonnant leur matériel et leur plot logistique. Au bilan, quatre motos, des tenues de combat, plusieurs centaines de munitions et du matériel nécessaire à la fabrication d’engins explosifs improvisés ont été récupérés.

Entrant dans le cadre du partenariat de combat dont l’objectif est la montée en puissance des FAMa, la formation des ULRI s’inscrit pleinement dans les objectifs définis lors du sommet de Pau au mois de janvier 2020. Elle démontre toute la pertinence du combat conjoint et de l’adaptation des modes d’action à la menace et au terrain, permettant aux unités maliennes de gagner en discrétion, en agilité et en mobilité.

Source : Opération Barkhane

Date de dernière mise à jour : 04/05/2020

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